Catherine Ashton ne sait pas à quoi ressemble le président serbe

Aujourd’hui (14 juin 2012), la chef de la diplomatie européenne a rencontré le nouveau président serbe, alias Tomislav Nikolic, élu le 20 mai dernier.

Jusque là rien de bien extraordinaire.

Sauf que voici la vidéo, dénichée par @TanjaTania, une journaliste macédonienne basée à Bruxelles, montrant Catherine Ashton dans les couloirs, quelques secondes avant.

En français, ça donne: « Robert, venez avec moi s’il vous plait parce que je ne sais pas à quoi il [Nikolic] ressemble ».

Oui, oui. Vous avez bien lu. La chef de la diplomatie européenne se rend compte au dernier moment qu’elle n’a pas la moindre idée de la physionomie de celui qu’elle doit accueillir…

J’ai du me repasser plusieurs fois le film pour le croire.

Comme l’a souligné Tanja, tout cela est « é-di-fi-ant ».

En mars dernier, je discutais avec un fonctionnaire européen lors d’un passage dans l’EuGhetto. Il me disait que Catherine Ashton n’était pas impliquée dans son travail, qu’elle n’impulsait aucune volonté ou énergie dans son mandat et que certains diplomates bien plus professionnels commençaient à trouver le temps long.

Belle démonstration par l’intéressée.

Comment justifier un tel manque de préparation et de sérieux ? Selon son agenda de la semaine, un peu de Strasbourg et de Commission entre lundi et mercredi, puis le président serbe. La routine.

Pour le coup, ce qui m’inquiète plus, c’est que dimanche, elle doit partir à Moscou dans le cadre des négociations autour du programme nucléaire iranien, un machin relativement important quand même. Tout de suite, je me sens moins en sécurité…

Pour la peine, je lui fais une fleur, voici la recherche Google Image du président iranien, ça peut toujours servir.

Dès janvier 2010, Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles de Libération, citait un diplomate qui considérait qu’elle était « en train de tuer le job ».

Deux ans et demi plus tard, c’est carrément un assassinat.

PS: il y aurait aussi beaucoup à dire que Tomislav Nikolic et la façon dont les institutions européennes l’ont reçu, mais ça, c’est un autre sujet.